Présentation du programme Cells Fictions

2016-2017 : Cells Fictions

  • Organisation : Esä, en partenariat avec Espace Croisé, Centre d’art contemporain et la plateforme de microscopie photonique, TISBio

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Pour davantage d’informations, vous pouvez consulter le site Espace croisé 

En septembre 2016, le centre d’art contemporain Espace Croisé et la plateforme de microscopie photonique, TISBio ont débuté une collaboration avec le programme de recherche Images, sciences et technologies, devenant ainsi les partenaires indispensables à la mise en oeuvre des diverses étapes de son élaboration.

Dans la perspective d’approfondir la réflexion sur la place de l’imagerie scientifique, il nous a semblé intéressant d’associer à notre recherche la photothèque du CNRS, qui détient un fond de plus de 50 000 images issues de laboratoires.

En consultant la base de données du fond mise à la disposition des étudiants, plusieurs questions se sont posées. Quel regard le monde de l’art porte-t-il sur les images scientifiques, dont certaines manifestent les choix esthétiques du monde des sciences expérimentales ? Les conventions et les lois physiques peuvent-elles, seules, justifier l’apparence de certaines images scientifiques ? A cette étape, nous avons choisi de travailler à partir des recherches menées actuellement dans le cadre théorique des Visual studies pour élargir notre approche de l’iconographie scientifique. Comment se fabrique une image scientifique ? Dans quel contexte ? Pour quel public ? Qu’en est-il de la place de l’auteur dans la production de ces images ?

Pour tenter de répondre à ces questions, désirant une fois encore mettre “la main à la pâte”, notre programme de recherche s’est associé avec la Plateforme en microscopie photonique TISBio, grâce à laquelle il fut possible pour les étudiants d’élaborer leurs propres images à partir de l’usage de microscopes.

Si certains étudiants ont étudié les minéraux ou les propriétés de la lumière, beaucoup ont travaillé à partir des cellules, humaines ou végétales. Ils purent ainsi s’interroger sur les informations qu’elles contenaient ainsi que sur la manière de les rendre visibles, par l’introduction de couleurs ou par la fluorescence. Les séances au sein de la plateforme de microscopie se sont multipliées, conduisant les étudiants de Master de l’Esä et de l’Université (du département Arts de l’Université de Lille -Sciences Humaines et Sociales) à se nourrir de lectures scientifiques, à répéter les expériences et les phases d’observation, à transférer la recherche artistique au coeur de la pratique scientifique. Les échanges entre les étudiants en art et Corentin Spriet, responsable du laboratoire TISBio furent constitutifs de la construction partagée des protocoles et des observations. Deux expositions, intitulées chacune Cells Fictions et accompagnées d’un catalogue furent élaborées pour rendre compte des résultats plastiques de ces rencontres entre art et science. 

L’exposition Cells Fiction #1 s’est tenue à la Galerie Commune du jeudi 23 mars au vendredi 7 avril 2017, regroupant les réponses plastiques des étudiants aux interrogations posées par la science.

Et l’exposition Cells Fiction#2 eut lieu à Espace Culture, du 16 mai au 2 juin 2017, Université de Lille Cité Scientifique, Villeneuve d’Ascq

 

 

Présentation du programme Master Mind

2015-2016 : Master Mind

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Laboratoire concerné :  Le SCALab, (Sciences Cognitives & Sciences Affectives), Université de Lille, 2015-2016

En 2015, nous avons amorcé la réflexion sur les possibles rencontres entre les arts et les sciences en orientant la recherche sur la question du corps dit “”augmenté”. Cet axe fut choisi par sa capacité à réunir à la fois les problèmes artistiques  et scientifiques relatifs au corps et au numérique et en tenant compte de la place importante que prenait alors dans l’actualité de la recherche scientifique l’intelligence artificielle. C’est sous l’angle des connaissances récentes produites dans le domaine des sciences cognitives que cet axe fut construit. Les rencontres avec des chercheurs en sciences cognitives eurent lieu au sein de la Plateforme technologique EquipEx. C’est ainsi que les étudiants ont pu prendre part à des « passations » dont l’objectif était de comprendre la réaction de leur cerveau à des stimuli liés au langage.

S’intéresser à la cognition, c’est interroger les processus et les mécanismes de l’apprentissage, la mémoire, l’émotion, le langage, la perception. Ici Louis Carmine est doté d’un d’électroencéphalogramme pour que le chercheur observe comment la fonction du langage s’élabore. Il s’apprête à dialoguer avec un ordinateur. Puis l’imagerie cérébrale prend le relais pour dénicher dans le cerveau humain comment la fonction du langage se met en place face à la machine. Il s’agit donc de mesurer l’activité du cerveau grâce à des électrodes posées sur le cuir chevelu. On récupère les courants, on repère les oscillations sur un tracé qui a les mêmes caractéristiques que les ondes sonores :  la fréquence d’oscillation et son amplitude.

Les étudiants ont pu saisir l’opportunité de visualiser sur écran leurs ondes cérébrales et d’intégrer cette imagerie cérébrale au sein de leur pratique. Les résultats de ces expériences et les travaux plastiques et visuels qu’elles ont suscitées  ont été réunis dans une exposition et un catalogue édité en 2016 sous le titre de Master Mind.

Plaine Image, Salle de conférence de la Plateforme technologique EquipEx, Cours sur les neurosciences aux étudiants de l’Esä, par Laurent Sparrow, octobre 2015
Préparation au test cognitif Plateforme technologique EquipEx, par le Laboratoire SCALab où sont menées des recherches en sciences cognitives et affectives. Ce laboratoire regroupe des chercheurs en psychologie en neurosciences fonctionnelles. Angèle Brunellière, chercheur associée au laboratoire, y effectuait alors une étude concernant les liens entre le cerveau et le langage. D’abord observateurs, Jules Barron et Louis Carmine sont devenus participants, prêtant
leurs activités cérébrales impliquées dans le langage aux mesures en
cours par électro-encéphalographie.

Le site de la Galerie Commune où s’est tenue l’exposition présente quelques vues de l’exposition Master Mind.

Présentation du programme 2018/2019

PRIST 2018 / 2019

Programme de Recherche Images, Sciences et Technologies

Approches scientifiques et artistiques du réchauffement climatique par l’atmosphère, l’électricité, le pollen, la pollution …

LOA, Distribution planétaire des aérosols vue depuis l’espace

Le programme s’adresse aux étudiants de l’Esä en années 3 – 4 – 5  et aux étudiants du Master Arts de l’Université de Lille

Contenus :

PRIST s’attache à développer des conversations entre l’art et la science en construisant des échanges et des rencontres entre les étudiants et les chercheurs, depuis les laboratoires scientifiques. Ce programme de recherche amène les étudiants à participer à des expositions et à présenter leur contribution au sein d’un catalogue auquel contribuent les scientifiques. Il fait suite aux recherches menées depuis 2015 donnant naissance aux expositions et catalogue Master Mind (2016), Cells Fiction (2017), Collisions (2018). La rencontre directe avec les chercheurs, les protocoles et les instruments des laboratoires scientifiques partenaires permet aux étudiants d’interroger autrement les modalités de leur propre création, induisant ainsi une autre manière de réfléchir à ce que peut être une recherche en art lorsqu’elle s’appuie sur le matériau “science”. 

En 2018/2019, nous interrogerons l’atmosphère en mobilisant plusieurs acteurs : des philosophes de l’environnement (E. Coccia), des scientifiques rattachés au Labex CaPPA ainsi que les artistes, Karine Bonneval et HeHe qui interviendront sous la forme d’un workshop.  En janvier 2019, les étudiants participeront au module Art & Science à Polytech’Lille au sein du Fabricarium, module qui engagera les étudiants en art à produire leurs travaux plastiques en dialogue avec des étudiants ingénieurs.

Calendrier prévisionnel des interventions :

  • Cours réguliers hebdomadaires avec les enseignants de l’Esä (voir emploi du temps)
  • 27 septembre. Intervention de Jean-François Bodart : « Les modèles animaux à l’ère de l’anthropocène : entre objets de science et individus à considérer »
  • 23 octobre : 1/2 journée d’étude. Pollinisation Learning  Center, Dunkerque. Avec : Nicolas Visez (maître de conférence au PC2A Physicochimie des processus de Combustion et de l’Atmosphère, Université de Lille) –

    Marie Choël (maître de conférence au LASIR Laboratoire de Spectrochimie Infrarouge et Raman, Université de Lille) -Olivier Schefer (Professeur des universités en esthétique à Paris 1-Panthéon Sorbonne, membre de l’Institut ACTE)
    Nicolas Visez et Marie Choël traiteront de cette particule spécifique qu’est le pollen dans l’atmosphère alors qu’Olivier Schefer, Professeur d’esthétique à Paris 1 traitera de Novalis , ce romantique allemand qui a réuni ses pensées sous le titres « Grains de pollens ».
  • 8 novembre : Visite du Laboratoire en optique atmosphérique (Université de Lille, Campus scientifique). Présentation des instruments. Présentation en bibliothèque des nouveaux axes de recherche du laboratoire « électricité » (Philippe Dubuisson).
  • 15 novembre : Olivier Perriquet : Incertitude formes (titre provisoire).
  • Du 26 au 28 novembre : HeHe, Workshop, Esä Dunkerque (sous réserve)
  • 5-6-7 décembre : Workshop avec l’artiste Karine Bonneval à l’Esä, site de Tourcoing
  • 20 décembre (14h-16h) à Esä Tg : Jérôme Riédi (laboratoire LOA et ICARE) Présentation du domaine de recherche et des travaux, présentation d’ICARE (observations satellites)
  • Janvier  (14 au 25 ): Module Art & Science Polytech’Lille
  • 22 janvier 1/2 Journée d’étude Learning Center Dunkerque : Carbonification: Jean-Baptise Fressoz, historien des sciences, des techniques et de l’environnement, Didier Vivien, artiste-théoricien, maître de conférences au département des arts plastiques de l’Université de Lille/ Dr Patrick Augustin, (LPC Dunkerque)
  •  Mardi 26 février : Hanna Husberg, artiste
  • Février : début des productions plastiques et du catalogue
  • Exposition des prototypes  : 28 février au 15 mars 2019 / Vernissage 28 février, Galerie Commune, Esä
  • Novembre – décembre 2019 : présentation de l’exposition à Espace Croisé, Centre d’art contemporain.

Enseignants Esä :

Stephane Cabée – Cyril Crignon – Nathalie Stefanov – Marie Lelouche – Silvain Vanot

En partenariat avec :

  • Labex CaPPA (LOA, ICARE, PC2A, LASIR) : Jérôme Reidi, Philippe Dubuisson, Nicolas Visez, chercheurs, Anne Burlet Parentel, médiatrice scientifique
  • Espace Croisé, Centre d’Art contemporain, Roubaix : Laura Mené
  • Laboratoire UGSF, Université de Lille  / CNRS : Corentin Spriet, Jean-François Bodart
  • Polytech’Lille, Université de Lille  : Christophe Chaillou, Rodolphe Astori

Station de mesure AERONET sur le toit du LOA (laboratoire d’optique atmosphérique) à Lille.

Présentation du programme Collisions

2017-2018 : Collisions

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L’équipe du programme de recherche devant une image du détecteur CMS, CERN, novembre 2017

Depuis septembre 2017, le programme s’attache à multiplier les rencontres entre les physiciens des particules et les étudiants en art. Comme nous l’énoncions plus haut, rien ne garantissait que la physique des particules puisse susciter de l’intérêt auprès d’étudiants en art. Sauf à concevoir ce domaine sous l’angle suivant : travailler sur les particules, c’est se tourner vers l’étude des constituants fondamentaux de la matière, c’est se demander de quoi est constitué l’univers primordial. Interroger le monde subatomique, c’est aller au coeur de la recherche, en observant ces gigantesques instruments que sont les accélérateurs de particules ou ces puissants microscopes dont on suppose qu’ils pourraient nous permettre de répondre à notre désir fondamental de connaissance. Car au fond, comment concevoir les éléments premiers qui nous structurent et composent l’univers ? Mieux : pouvons-nous les représenter ? En imaginer des formes artistiques qui entrent en résonance avec l’iconographie scientifique ? Nous autorisons-nous à en proposer des conversions plastiques à l’aide de dessins, d’impressions 3D, d’installations numériques et sonores ? Cet axe de recherche implique de nouveau de se demander : qu’est-ce que voir ?, notamment lorsqu’on considère comme l’énonce Aurélien Barrau que “la lumière à laquelle nous sommes sensibles n’est qu’une fraction absolument dérisoire de l’ensemble des lumières existantes…” D’une certaine manière, notre programme tente de poser la question suivante : comment donner à voir – à sentir, à entendre – des éléments dont on ne saisit que des interactions ?

L’équipe du programme de recherche au CMS, CERN, novembre 2017

Dans ce cadre, nous avons en premier lieu fait appel à l’historienne des sciences Charlotte Bigg, membre du CNRS et du conseil de laboratoire du Centre Alexandre Koyré. Dans sa conférence, Charlotte Bigg traita de la question de l’image de l’atome en démontrant combien les différentes théories de l’atome, au fil de son histoire, pouvaient modifier sa représentation. C’est lorsque les scientifiques s’emploient à visualiser leur recherche, qu’il devient alors possible pour les acteurs du monde de l’art de se saisir du “matériau” science.

Pour poursuivre cette immersion dans le domaine de la physique des particules, le programme a invité pendant une journée entière l’astrophysicien Aurélien Barrau, détenteur d’un doctorat d’esthétique et d’une thèse en astrophysique à haute énergie, à venir discuter avec les étudiants des étapes de leurs recherches. Revenant sur l’histoire du modèle du Big Bang, sur les représentations du fond diffus cosmologique, sur les astroparticules et sur l’histoire du temps, Aurélien Barrau a développé une réflexion sur les modalités de construction de l’imagerie scientifique, parfois si séduisante, notamment lorsqu’elle s’emploie à représenter des objets invisibles, tels un trou noir ou une collision d’étoiles.

Observer les sciences au travail : visite du CERN

En novembre 2017, un séjour de trois jours en Suisse au Paul Scherrer Institut (PSI) et au CERN a conduit les étudiants et enseignants participant au programme de recherche à observer directement le fonctionnement de deux grands accélérateurs de particules, celui du PSI et celui du CERN, le Grand collisionneur de hadrons (LHC). Accompagnés dans leur visite par plusieurs physiciens, les étudiants ont par ailleurs bénéficié de conférences par des chercheurs tels Philipp Schmidt Wellenberg, Hans Peter Beck, Michael Hoch et Chiara Mariotti, spécialistes en physique des particules, acteurs de ces technologies de pointe, contributeurs de la découverte du boson de Higgs. Au CERN, nous avons visité deux détecteurs, Atlas et CMS, ainsi que l’usine ELENA qui fabrique de l’antimatière.

L’équipe du programme de recherche, accompagnée des physiciens du PSI et du CERN, devant l’antimatter factory, CERN, novembre 2017

L’objet de ce parcours fut aussi de prendre conscience des lieux et des instruments de la recherche. Il nous a été possible d’observer de gigantesques salles de contrôle dont les écrans permettaient d’imaginer comment les particules entrent en collision, comment leurs traces émergent et disparaissent à une vitesse prodigieuse, comment ces milliards de collisions sont triées, enregistrées avant qu’elles ne s’évanouissent. La vision de ces collisionneurs encavés sous des blocs de bétons aux formes minimalistes qui protègent des ondes radioactives ; les perspectives tracées par des kilomètres de câbles à l’agencement chaotique qui, pourtant, s’organisent en des ordonnancements savants ; les sombres réserves d’hélium placées en hauteur au sein de dirigeables noirs flottant au plafond ; les dizaines de cuves argentées desquelles s’élèvent, parfois, de légères fumées, tout cela réduisait encore la distance entre l’univers scientifique et artistique.

Des centaines d’images, de vidéos et de captures sonores furent effectuées lors de ce séjour, devenant à leur tour un matériau intégré au processus de création.

Prises de son dans les sous-sols du CERN, novembre 2017

Pour parachever le lien entre culture scientifique et artistique, un module Arts & Sciences s’est tenu du 22 au 25 janvier avec les étudiants de Polytech de l’Université de Lille – Sciences et Technologies, qui engagera les étudiants en art à développer leur production en dialogue avec des étudiants ingénieurs.

Nuit des idées, janvier 2018 : début des expositions

C’est à partir du 25 janvier que s’est tenue l’ouverture de l’exposition Collisions, inaugurée dans le cadre de la Nuit des Idées, à la Galerie Commune de l’Ecole Supérieure du Nord-Pas de Calais, site de Tourcoing, où seront présentées les productions plastiques des vingt étudiants du programme de recherche. Cette exposition s’est déplacée ensuite du 29 mars au 27 avril à l’Espace Croisé, Centre d’art contemporain situé à la Condition publique, à Roubaix. Puis elle a été présentée à Espace Culture de l’Université de Lille – Sciences et Technologies, du 28 mai au 13 septembre. Mentionnons que cette dernière structure culturelle a répondu favorablement à notre demande visant à faire en sorte que notre programme de recherche s’adresse de manière paritaire aux communautés respectives en arts et sciences dites « dures ».

Ainsi ce programme tente d’inventer un enseignement qui permette d’imprégner le champ de l’art et de la recherche par la dynamique scientifique afin d’imaginer des processus de création particuliers. Comment l’art peut-il interroger les mécanismes qui engendrent la lumière et l’espace – temps ? Qu’en est-il des analogies entre le microcosme et le macrocosme ? En quoi l’acte créatif du scientifique peut-il rejoindre celui des artistes ?  Ces questionnements ont pour objet de favoriser la mise en oeuvre de nouvelles pièces où s’articulent des perceptions sonores, olfactives, tactiles et visuelles. Ainsi, les recherches et productions des acteurs de ce parcours démontrent qu’il est possible d’inventer de nouvelles pratiques d’enseignement commun à l’art et aux sciences et de redonner du sens au mot recherche lorsque ce dernier est impliqué dans la création, en inventant des modalités innovantes d’approche du savoir.